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La Pélopée maçonne
Sceliphron caementarium
Taxon 236066

15.08.2017 | hélène

 

Les Pélopées (du grec pêlós : boue, terre, argile) et poïéô : faire, confectionner), sont des guêpes solitaires maçonnes, qui construisent des nids de boue pour leurs larves. Elles font partie de la famille des Sphecidae, qui est plus proche des abeilles que des véritables guêpes pour certains aspects : ainsi, leurs ailes sont posées à plat sur le dos au repos, et non pliées en long le long du corps.

Il en existe plusieurs espèces en France, dont certaines ont été "importées". La Pélopée maçonne, originaire d’Amérique du Nord, s’est implantée en France depuis les années 70 autour de la Méditerranée, et s’étend régulièrement vers l’ouest et le nord depuis.

Description

La Pélopée maçonne est une guèpe très élancée, d’assez grande taille (17 à 23 mm pour les mâles, 24 à 28 mm pour les femelles). Comme tous les Sceliphrons, elle posséde un abdomen séparé du thorax par un long pétiole. Le corps est noir avec des marques jaunes d’étendue très variable : certains individus sont presque entièrement noirs, d’autres sont richement colorés, avec du jaune à la base des antennes, sur le thorax, une partie des pattes, le pétiole et le premier segment de l’abdomen. Les tegula (renflements du thorax à la base de l’articulation des ailes) sont toujours jaunes.

Biologie

Les adultes sont diurnes, et sont actifs principalement à la fin du printemps et en été dans nos régions. Ils se nourrissent de nectar.

Après l’accouplement, les femelles commencent à construire une première celleule avec de la boue mélangée à leur salive. Lorsque les parois sont terminées, elles capturent une première araignée, la paralysent avec leur venin, la déposent au fond de la cellule et pondent un oeuf unique dessus. Puis elles continuent d’apporter des araignées jusqu’à ce que la cellule soit pleine (jusqu’à 25 araignées par cellule !). Elles referment ensuite la cellule et commencent la suivante. Le nid de la pélopée maçonne comprend de deux à vingt cellules, et prend souvent une forme rectangulaire.

Après l’éclosion de l’oeuf, la larve dévore toutes les araignées et se nymphose à l’intérieur de la cellule, qu’elle percera une fois adulte. Le développement dure de 10 à 30 jours suivant la température, et il peut y avoir plusieurs générations par an si les conditions sont favorables.

La Pélopée maçonne dispose volontiers ses nids sur les constructions humaines (sous les avancées de toît, les ponts), mais aussi sur toute sortes de véhicules, ce qui lui permet de voyager en passager clandestin à travers le monde. Elle n’hésite pas à bâtir ses constructions sur les moteurs, ce qui peut causer quelques soucis mécaniques...

Bien que les nids puissent être nombreux dans les endroits favorables, cette espèce ne présente pas de danger car elle n’est absolument pas agressive. La femelle, qui seule participe à la construction du nid, ne le défend pas et n’y revient pas lorsqu’il est terminé, puisque les larves ont dès le départ tout le nécessaire à leur développement. L’insecte ne pique que si vraiment on le malmène, et son venin, contrairement à celui des autres guêpes ou abeilles, n’est pas conçu pour sa défense et nous cause peu de désagréments.

La paralysie des araignées provoquée par un Sceliphron est en principe irréversible, mais une arachnophile dévouée et patiente a réussi la rééducation presque complète d’une de ses malheureuses victimes (voir ici pour suivre pas à pas cette aventure).

Observations par période

J F M A M J J A S O N D 2017 Périodes d'observation - Total: 1
Nombre d'observations - Total en 2017: 1

La grille des périodes d'observation indique par une couleur plus ou moins soutenue le nombre d'observations répertoriées pour la période considérée.

Liste des observations

1865 - Hyménoptère à rallonge

La Pélopée maçonne (1) - rue du Bousquet, St Orens de Gameville
27.06.2017 - hélène (Biodiv.Sone)